Depuis les années 1990, plusieurs villes portuaires se sont engagées dans des transformations à long terme de leurs façades maritimes et de leurs anciennes friches industrielles et portuaires. À Bilbao, une société publique dédiée (Bilbao Ría 2000) a piloté pendant plus de trois décennies la reconquête d’anciens sites industriels et ferroviaires le long de l’estuaire, d’Abandoibarra à Barakaldo. À Bordeaux, la construction du quartier des Bassins à Flot s’est étalée sur quinze ans de planification négociée entre la ville, la métropole et le port, afin de préserver l’activité de réparation navale et le patrimoine industriel aux côtés de logements et d’espaces publics et culturels. À Marseille, la stratégie foncière à l’interface port-ville s’est déployée sur deux décennies, de 2005 à aujourd’hui, façonnant la manière dont la ville et son port partagent et réaffectent le foncier. Malgré toutes les crises économiques, des priorités politiques changeantes et des tensions entre usages concurrents que ces expériences ont traversées, elles ont maintenu une vision partagée entre autorités portuaires et locales. Cette session revient sur ces parcours en examinant les stratégies foncières, les outils de gouvernance et les méthodes de négociation qui leur ont permis de perdurer, en tirant des enseignements concrets pour les transformations portuaires et urbaines d’aujourd’hui.



